Je souhaiterais tout d’abord remercier Gisèle Ory pour l’action qu’elle a menée depuis 2003 au sein du Conseil des Etats en défendant le canton et en s’engageant, de manière résolue, notamment dans le domaine du social, de la santé et de la formation. Elle accède aujourd’hui à l’exécutif cantonal et je suis certain que l’expérience acquise à Berne constituera pour elle un atout dans son action au sein du Conseil d’Etat .Je lui souhaite plein succès dans ce nouveau mandat.
Gisèle devra donc quitter le Conseil des Etats, et, comme annoncé le 17 mai dernier, je me porte aujourd’hui candidat à la candidature pour sa succession.
Les défis qui attendent notre pays sont multiples . Parmi eux, on peut identifier les questions de santé, de social, d’innovation et de recherche, de fiscalité, de services publics et de statut de la culture. Pour le Canton de Neuchâtel, les enjeux qui sont d’actualité, concernent les transports, la péréquation entre la confédération et les Cantons ainsi que la formation.
Bien entendu, en période de crise économique très préoccupante, telle que nous la vivons actuellement, il est indispensable de mener des actions favorisant au mieux la reprise économique, notamment dans le domaine industriel, tant pour les entreprises du marché intérieur que pour celles d’exportation. Rappelons, en effet, que le canton de Neuchâtel vit principalement de l’exportation, et qu’à ce titre, c’est également ce secteur qui génère le plus d’emplois. Or, la Confédération, qui a dépensé des sommes énormes pour sauver le secteur financier et bancaire, n’a pas de véritable politique industrielle. C’est une lacune criante qu’il convient de combler rapidement.
En parallèle, il est aussi fondamental de continuer, comme je l’ai déjà fait au sein du Conseil national, d’œuvrer à l’assouplissement du chômage partiel pour que celui-ci reste une alternative privilégiée face au licenciements. Dans ce sens, il est également vital de se battre contre un durcissement de l’assurance chômage, qui a pour conséquence de punir les personnes, notamment les jeunes, qui sont à la recherche d’un emploi et de reporter des charges importantes sur les cantons et les communes. Il serait de loin préférable de tirer parti de la situation actuelle pour mener une vaste offensive destinée à donner une formation dans le cadre de l’assurance chômage aux personnes qui sont sans formation professionnelle ou qui ont une formation insuffisante puisque, comme on le sait depuis fort longtemps, les personnes les moins bien formées sont les plus fragiles dans notre société.
Dans ce contexte, il est donc plus que jamais nécessaire de travailler à une solidarité confédérale afin de ne laisser personne au bord du chemin. Ce devoir de collaboration incombe tant aux communes qu’aux cantons et à la Confédération. Ces réflexions et ces actions de fonds doivent se coordonner avec une politique régionale promouvant l’équilibre entre les régions de notre pays.
Il m’arrive souvent de citer le préambule de notre constitution fédérale qui proclame que la force de la communauté se mesure au bien-être du plus faible de ses membres. Il me semble que ce postulat est plus que jamais d’actualité en Suisse.
Comme déjà signalé, un des enjeux principaux de ces prochaines années sera l’avenir des assurances sociales, je m’engage ici à mettre tout en œuvre pour promouvoir la justice sociale dans notre pays. On sait qu’en matière sociale et de santé, le système actuel qui comprend 11 assurances sociales est trop complexe. Son développement est lié à l’histoire de chacune de ces assurances et il y a beaucoup trop d’intervenants dans le domaine de la santé et du social, que ce soit la Confédération, les Cantons, les Communes, les caisses- maladie. Nous allons donc mener une offensive pour simplifier le système qui actuellement est ubuesque, puisque le même acte médical pratiqué par le même médecin bénéficie de deux tarifs différents en cas de maladie ou d’accident. De plus, on ne peut plus tolérer les inégalités qui existent entre les cantons qu’il s’agissent des primes différentes ou d’offres de prestations très inégales. La solution que nous préconisons et que nous tenterons absolument d’instaurer au parlement serait que ces 11 assurances sociales soient remplacées par 4 régimes généraux qui couvriraient la vieillesse, la famille, l’insertion professionnelle et les soins. Bien entendu, ces réformes ambitieuses font peur, mais il est clair que l’amélioration du système ne doit aucunement signifier un démantèlement des droits acquis. Nous y veillerons et, s’il le faut, le Peuple aura le dernier mot.
Je souhaiterais également rappeler qu’à mon sens, l’avenir du canton se jouera, dans les prochaines années, également, et de plus en plus, à Berne. La question des transports en est d’ailleurs un des éléments importants, puisque c’est la Confédération qui devrait assumer une part non négligeable du financement. Dans ce domaine, il est important de travailler au développement d’une infrastructure de transports qui permette aux régions de notre canton de se rapprocher. Se rapprocher entre elles et se rapprocher des autres régions hors du canton. Le Transrun est souvent mis en avant, et il est vrai qu’il s’agira d’un élément essentiel. Mais cet outil ne peut être performant et atteindre tous ses buts que si on réfléchit en terme de desserte globale, pour toutes les régions de notre canton.
Personnellement, j’estime que le moment n’est pas à la rédaction d’un programme électoral complet dans le cadre d’une élection complémentaire. Mon action s’est toujours basée sur les programmes du Parti socialiste suisse, qui est d’ailleurs en révision, et du parti socialiste neuchâtelois. Ce sont ces documents de base, reflet de nos valeurs d’ouverture sur le monde, sur l’Europe et sur notre environnement et des actions que nous entendons mener, qui continueront de m’inspirer.
Par ailleurs, je m’engage à continuer d’œuvrer de toute mon énergie pour la défense de l’ensemble du Canton de Neuchâtel et de l’Arc Jurassien. Une défense qui passe également par des alliances conclues avec d’autres parlementaires dont les intérêts sont communs.
Les treize années passées au Conseil national m’ont permis de constituer d’importants réseaux tant avec mes collègues parlementaires, qu’avec les membres du Conseil fédéral. J’ai également noué de nombreux contacts au sein de l’administration fédérale ainsi que dans d’autres organismes nationaux ou internationaux. Aujourd’hui, mon souhait serait de pouvoir mettre dans un autre cadre de travail, ces réseaux à disposition du Conseil des Etats et du Canton. Je tiens également à assurer le maintien, pour le moins essentiel, du siège socialiste neuchâtelois à la chambre des cantons, où il n’a a que 9 socialistes sur 46.
Il indispensable de maintenir une présence neuchâteloise et socialiste forte et déterminée au Conseil des Etats, afin de défendre la place et le potentiel de ce canton. J’ai l’envie de relever ce défi dans un cadre différent de celui dans lequel j’ai travaillé jusqu’à présent à Berne, ce qui permettra également de favoriser, à plusieurs niveaux, les relèves nécessaires dans notre parti.
Si vous m’accordez votre confiance je m’engagerai dans ce sens.